Mahuna Poésie, poétesse contemporaine

 

Quand j'ai découvert Mahuna, j'ai été troublée qu'elle arrive si bien à mettre des mots sur mes maux. Dans cet interview, Mahuna partage avec nous son parcours, ses doutes et ses rêves. Nous sommes heureuses de commencer l'année avec elle pour montrer aux femmes artistes que tout est possible et que nos peurs ne doivent jamais prendre le dessus !

Mahuna poésie

Mahuna - Crédit photo Amélie Marzouk

Qui es tu et quel est ton parcours ?

Je suis Mahuna Poésie. Je suis autrice et animatrice d’ateliers d’écriture et bien-être et consultante en web marketing. J’anime également le podcast  « La voix des Mots ».

Si on doit résumer, je suis une shlasheuse.

J’ai commencé à écrire parce que je lisais beaucoup. J’ai appris à lire jeune, vers 4-5 ans et l’écriture était un moyen d’expression pour contre balancer mon caractère réservé. J’ai longtemps écris des contes, des nouvelles, de la fantasy et un conte pour enfant.

Ensuite, la vie étant ce qu’elle est, on m’a poussé à être indépendante en tant que femme et en tant que femme noire, l’un n’allant pas sans l’autre. La voie royale était l’école de commerce et la classe préparatoire. L’écriture a été mise de coté durant ces années préparatoires puis est revenue de manière assez inattendue. J’ai créée, avec quatre autres étudiants, le journal de l’ESC Toulouse qui n’en avait pas. J’ai écris l’édito, certains articles… je savais que l’écriture était toujours là mais je ne savais pas quoi en faire. Je me suis dis que l’écriture arriverait après, une fois à la retraite ; une fois que j’aurai atteint ce statut de femme indépendante.

J’ai fait pas mal de stages en marketing parce que c’est là qu’on me disait qu’il fallait aller. Et j’ai commencé à avoir les premiers couacs professionnels. J’étais cette femme noire qui cherchait un boulot dans le marketing et qui malgré l’école de commerce ne le trouvait pas. J’ai enchaîné les jobs. J’ai été vendeuse, courtière en assurance…pendant près d’un an j’ai mis ma priorité dans la recherche de travail.

J’ai fait un premier bilan de compétence. Il en est ressorti que je devais soit aller complètement dans l’écriture soit dans le marketing. Je ne me sentais pas légitime pour aller vers le journalisme par exemple ; n’ayant pas fait l’école pour. Aller écrire pour d’autres sur certains sujets me semblait compliqué.

En 2018, j’ai crée un blog dans lequel je partageais certains textes écris plus jeune, des chroniques littéraires et des histoires courtes. Ce n’était pas forcément le meilleur moyen pour avoir des retours de lecteurs.

J’ai finalement repris des études en marketing digital ; puis enchainé les postes durant les cinq années suivantes. En avril, mai du premier confinement, je me suis retrouvée au chômage partiel je me suis demandée ce que je pouvais faire pendant ce temps là pour mettre ce temps à profit.

Portrait Mahuna - Crédit photo Gaël Rapon

Mahuna - Crédit photo Gael Rapon

Enfin, tu as eu de l'espace de disponible pour te reconnecter à l'écriture?

Oui. A ce moment là, je vois que plein de gens en profitent pour faire quelque chose et je me dis que je ne peux pas rester à rien faire, ou juste à faire du sport ou lire comme petite dix livres par semaine.

J’avais découvert sur Instagram en 2018 Rupi Kaur qui est une poétesse d’origine indienne qui a écrit déjà trois livres et remis en avant la poésie contemporaine. Elle m’a permis de découvrir qu’il existe une forme de poésie différente de la poésie classique et qui laisse de la place aux émotions.  J’ai cessé de remettre mes textes, non classiques, en question, et me suis dis que j’allais utiliser Instagram pour commencer.

Je n’avais pas forcément conscience qu’il y avait déjà beaucoup de comptes de poésie.

Il y a de la place pour tout le monde après. Comment ce projet Instagram est né ? Est ce que tu as ressorti tous tes cahiers de poésie ?

Mes parents, ma famille ne savaient pas forcément que j’écrivais quand j’avais mon blog. Je me suis dis qu’Instagram me forcerait à adopter un format court et à poster régulièrement. Cela allait cultiver le retour à l’écriture.

J’ai partagé soit des textes écrits avant, soit des nouveaux, ou encore des textes écrits à partir de mots / thèmes donnés par les abonnés.

Puis un ami d’enfance qui travaille dans l’édition m’a convaincu d’écrire un livre.

Je me suis dis que si d’aventure je ne devais écrire qu’un seul livre quel message je devais réfléchir à la portée de mon message. Ce serait un livre qui donnerait un peu d’espoir, un livre qu’on peut lire à tout moment de sa vie et qui permettrait de clôturer 2020 de manière un peu plus positive.

Mahuna - Crédit photo Gaël Rapon

Mahuna - Crédit photo Gael Rapon

Oui, il y a un chemin dans ton livre qui aboutit à ce dernier chapitre de la résilience.

J’ai repris tous mes textes, tout ce que j’avais publié sur Instagram et j’ai voulu donner du sens à ce livre jusqu’à trouver la trame que je voulais.

Entre temps j’avais trouvé des illustrateurs, qui se sont partagés les textes en fonction de leur goûts et sensibilité, et cette répartition s’est faite très naturellement. Certains textes sont restés sans illustrations.

Ayant eu chaque texte avec illustrations, je me suis rendue compte, qu’il y avait un livre, une route qui avait du sens.

L’idée du livre a germé mi-octobre et je me suis dit qu’il fallait que ce livre sorte avant les fêtes.

Il est d’abord sorti sur Amazon, puis sur mon site le 14 janvier 2021. On était toujours en confinement, il est donc sorti en librairie en avril. J’ai fait des dédicaces en extérieur. J’ai tout fait pour me faire connaitre.

Comment as-tu démarché les libraires ?

Ce n’est pas facile d’être accepté en librairie quand tu es autoédité et encore plus quand c’est de la poésie. Tout ça je n’y ai pas réfléchi avant. La première librairie qui l’a accepté était contre l’autoédition mais la couverture l’a séduite. J’avais trois exemplaires sur moi, j’avais préparé une fiche de dépôt et j’ai démarché à coté de chez moi. J’ai eu pas mal de refus mais aussi des encouragements sur la qualité du livre pour de l’autoédition.

Dans l’autoédition, on fait tout de A à Z et cela demande beaucoup d’énergie et de temps. De créer soi-même son univers graphique, son site internet, de démarcher. Il y a toujours ce souci de la légitimité. Seul ton lecteur décide de dire si ce que tu fais est bien. Tu n’es porté par personne, par aucune institution.

Tu as quand même reçu un prix ?

Oui, pour la petite histoire, j’ai compris très tard que j’étais sélectionnée pour ce prix. Quelqu’un a postulé pour moi de manière anonyme et le mail de sélection était arrivé dans mes spams. Finalement, j’ai été récompensée, avec 9 autres femmes, dans la catégorie Artiste de la Journée Internationale de la Femme d’Impact, organisée par l’association The Wonders.

 

Ce qui n’est pas rien, c’est que tu as sorti un livre et laissé une empreinte

J’ai du mal à me rattacher à cela dans les moments où je perds pieds. Le prix m’a permis de me remotiver et quand je vois que j’ai vendu presque 500 exemplaires, alors que les maisons d’éditions de poésie tirent leurs premiers auteurs à 200 ou 300 exemplaires, je suis fière de moi. J’ai tendance à toujours me comparer ou à trouver que je ne fais pas assez quand je vois les autres comptes Instagram.

Mon challenge est d’arriver au quotidien à regarder ce que j'ai déjà réussi à faire et ce vers quoi je veut aller.

La prochaine étape est de terminer mon second livre. De le proposer cette fois-ci aux maisons d’éditions. C’est encore un projet hybride qui allierait roman et poésie.

Je propose également des ateliers d’écriture et bien être et reprend la route dun CDI à travers des recherches.

Tout cela prend du temps. Je suis une fonceuse mais timide et suis aussi consciente de l’énergie dépensée pour faire décoller un projet artistique ou prospecter.

Quel est ton processus créatif ?

Je travaille plutôt sur l’application note disponible sur mon téléphone et sur mon ordinateur, ce qui me permet de retranscrire et ré agencer facilement ; 

Je ne planifie pas de plages de travail. Je peux écrire après une séance de méditation ou de yoga quand l’esprit est latent. Le plus souvent j’écris à l’instinct. Je laisse les mots couler. Je laisse le texte s’écrire et corrige finalement très peu.

Je suis plutôt du matin et essaye donc de me mettre dans cette énergie d’écriture au réveil.

Un mantra qui t’accompagne ?

"Les gens oublieront ce que vous avez dit, ils oublieront ce que vous avez fait, mais n'oublieront jamais ce que vous leur avez fait ressentir". Maya Angelou

 

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